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— Reste là… Que je vous aime, quand vous voulez bien être heureuse ! Pardonne, mais la joie que tu montres m’est plus douce encore que celle dont tu me combles… Reste là. Donne tes yeux. Vos yeux sont beaux. Il me semble, lorsque tu les lèves sur mon front, que ton regard me lave comme un nouveau baptême…

— Tu m’aimes ?

— Je t’adore…

— Eh bien, bonsoir !

Mais, le lendemain, la jeune femme se réveilla nerveuse.

Il avait plu ; des gouttes tombaient encore des toits et claquaient par intervalles sur le rebord des fenêtres. De gros nuages gris traînaient confusément par le ciel, et le soleil, sans pouvoir les disperser, les harcelait et les trouait de rayons.

Pendant que Jeanne se vêtait, l’orage éclata de nouveau, et, durant quelques minutes, de longues flèches de pluie s’abattirent, criblant les vitres, couchant les gazons, giflant les feuilles. Puis tout cessa, et le soleil brillait dans le ciel bleu, sur lequel s’enfuyaient de légers flocons blancs.

Jeanne quitta sa chambre : elle était triste. Le souvenir des projets arrêtés la veille lui revint à l’esprit, mais elle s’en détourna avec lassitude. Un domestique l’indigna, pour avoir entrechoqué deux tasses ; une mèche de cheveux, en lui effleurant la tempe, la faisait horriblement souffrir. Elle se trouva trop malheureuse.