Quand les mord la coquetterie
Ensorcelante d’aiguiser
Par une pointe d’hystérie
La ritournelle du baiser !…
Il leur faut amour à leur taille,
Amour exigeant à nourrir !
Leur lit est un champ de bataille :
On y doit vaincre ou bien mourir.
Arrière, les vertus grincheuses,
Riant jaune du bout des dents !
Levez-vous, mauvaises coucheuses,
Regarnissez vos fronts pédants.
Des cheveux ombragent nos nuques,
Notre cuirasse est sans défaut.
Nous ne sommes point des eunuques.
Voilà les femmes qu’il nous faut !
Aimons-les celles-là, poètes !
À leurs pieds couchons nos verdeurs :
Nous verrons germer dans nos têtes
Les sonnets aux chaudes odeurs,
Les strophes aux rimes ailées.
Le vers chatoyant et gaillard !
Peintre, aimons-les d’amours zélées :
Elles savent réveiller l’Art
Et l’Orgueil aux voix turbulentes,
Au fond des cœurs désespérés
Et dans les pulpes somnolentes
Des cervelets déphosphorés !
FLEURS ARTIFICIELLES
I
Ton clair magasin, ô modiste,
Plonge dans le ravissement
Mes yeux et mon cerveau d’artiste
Subjugués merveilleusement !