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Page:Gustave Flaubert - Trois contes.djvu/217

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NOTES
des
TROIS CONTES.


En 1872 Flaubert perdit sa mère ; en 1875, voulant secourir son neveu, dont les affaires périclitaient, il perdit sa fortune. Dominant son chagrin, il acheva La Tentation et travailla à l’énorme documentation de Bouvard et Pécuchet dont le plan s’élargissait sans cesse. Sensible au coup qui l’a frappé, accablé par les soucis de la vie, pour la première fois il pense à interrompre son énorme labeur et va rejoindre à Concarneau son ami le naturaliste Georges Pouchet. « Comme j’ai besoin de sortir du milieu où j’agonise, dès le commencement de septembre, je m’en irai à Concarneau près de Georges Pouchet qui travaille là-bas des poissons. » (Lettre à Émile Zola. Correspond., t. IV.) Il séjourna à l’Hôtel Sergent, sur la façade de laquelle fut apposée le 25 avril 1908, une plaque commémorant le séjour qu’il y fit en 1875. Quelques jours de repos sur la plage bretonne suffisent pour calmer ses accès de découragement et, la-bas, il reprend la plume pour écrire La Légende de Saint Julien l’Hospitalier. « Voilà quinze jours que je suis ici et, sans être d’une gaieté folâtre, je me calme un peu. Le pire de la situation, c’est que je me sens mortellement atteint. Pour faire de l’art, il faut un insouci que je n’ai plus… Je ne pense plus qu’aux jours écoulés et aux gens qui ne peuvent revenir. Signe de vieillesse et de décadence. Quant à la littérature, je ne crois plus en moi, je me trouve vide, ce qui est une découverte peu consolante. Bouvard et Pécuchet étaient trop difficiles, j’y renonce ; je cherche un autre roman sans rien