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Page:Gustave Flaubert - Trois contes.djvu/162

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Le publicain retira une tablette de sa ceinture ; compta les chevaux et les inscrivit.

Les agents des compagnies fiscales corrompaient les gouverneurs, pour piller les provinces. Celui-là flairait partout, avec sa mâchoire de fouine et ses paupières clignotantes.

Enfin, on remonta dans la cour.

Des rondelles de bronze au milieu des pavés, ça et là, couvraient les citernes. Il en observa une plus grande que les autres, et qui n’avait pas sous les talons leur sonorité. Il les frappa toutes alternativement, puis hurla en piétinant :

— Je l’ai ! je l’ai ! C’est ici le trésor d’Hérode !

La recherche de ses trésors était une folie des Romains.

Ils n’existaient pas, jura le Tétrarque.

Cependant, il n’y avait-il là-dessous !

— Rien ! un homme, un prisonnier.

— Montre-le ! dit Vitellius.

Le Tétrarque n’obéit pas ; les Juifs auraient connu son secret. Sa répugnance à ouvrir la rondelle impatientait Vitellius.

— Enfoncez-la ! cria-t-il aux licteurs.

Mannaeï avait deviné ce qui les occupait. Il crut en voyant une hache, qu’on allait décapiter Iaokanann ; et il arrêta le licteur au premier coup sur la plaque, insinua entre elle et les pavés une manière de crochet, puis, roidissant ses longs