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Page:Grangé et Millaud - Les hannetons.pdf/57

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GÉRALD.

Cette fois, c’est quelqu’un. C’est le grand Charlemagne !
Saluons !

Ils restent assis.


BERTHE.

Saluons ! Nézentôle, ton rival, l’accompagne.

Charlemagne et Nézentôle entrent avec leurs chaises, et s’asseyent.


CHARLEMAGNE, à Gérald.

Nous venons te chercher, en ce jour solennel ;
Nézentôle, dans la cour, te prépare un duel.


NÉZENTOLE.

Un duel dans la cour !


GÉRALD.

Un duel dans la cour ! Quoi ! descendre un étage
Avec l’éreintement affreux qui me ravage ?
C’est la troisième fois qu’aujourd’hui je descend
Pour des duels dans la cour ! non, non, c’est embêtant !


CHARLEMAGNE, toujours assis.

Soit ! qu’on se batte ici ! la salle est spacieuse.
Va chercher Durandal, héraut, avec Joyeuse !

Un page apporte deux petites épées de bois sur un coussin. — Gérald et Nézentôle en prennent chacun une ; le page, qui a apporté sa chaise, va s’asseoir au fond.


LE PRINTEMPS, au régisseur

Comment, c’est là Durandal et Joyeuse ? comme elles sont petites !


LE RÉGISSEUR.

Elles ont déjà joué trois fois aujourd’hui ; elles sont si fatiguées que la pointe leur rentre dans la poignée.


NÉZENTOLE, déclamant, à Gérald.

A nous deux, toi !


CHARLEMAGNE, de même.

Venez, mes preux, venez en foule Voir comment le vieux sang des bons paladins coule !


LE PRINTEMPS, à part.

A cette distance-là, ils ne se feront pas de mal.

Les deux champions se battent assis, tout le monde chante le chœur suivant.


CHŒUR.
Air de Barbe-Bleue.
––––––––Kiss ! kiss ! qu’on se transperce
––––––––––En quarte en tierce !
––––––––Kiss ! kiss ! de par l’enfer,
––––––––––Battez ce fer
––––––––––Battons
––––––––––Belle estocade
––––––––––Belle parade !