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DRAME.


Julie.

Ce langage me raſſure (à part, en conſidérant le Capucin), & ſes yeux m’annoncent qu’il n’eſt pas inexorable. (haut.) Ah mon Père ! & comment échapper au ſacrifice que l’on exige de moi ? La réſiſtance eſt déſormais inutile ; accablée par tout ce qui m’environne, on m’ôte juſqu’à l’amie courageuſe qui ſoutenoit ma fermeté ! & peut-être la pénitence, les reproches, les humiliations, ſeront-elles le prix du tendre intérêt qu’elle a oſé me témoigner.


Le Chevalier.

Je viens remplacer ſes ſoins ſans danger pour vous ; croyez que mes conſeils ſeront conformes à votre ſituation, & que, loin de vous blâmer, moi-même je vous affermirai dans votre réſolution.


Julie.

Vous êtes donc un Ange de paix envoyé du Ciel même pour me protéger.


Le Chevalier.

Je ne ſuis qu’un mortel à qui vous inſpirez tous les ſentimens que méritent votre jeuneſſe, votre beauté & vos malheurs. Expliquez-vous ſans détour & ſans crainte. Quel eſt le motif de votre répugnance pour le cloître ?