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LE COUVENT,


Julie.

Ah ! vous ne pouvez les connoître toutes.


Sœur Angélique.

Ma fille, tu aurois pour moi quelque ſecret ? enfermée dans ce Cloître depuis ton enfance, je ne puis deviner la ſource de tous tes chagrins ? Me ſerois-je trompée, quand j’ai cru que ta répugnance n’étoit fondée que ſur le défaut de vocation ?


Julie.

Plût au Ciel qu’un autre ſentiment… (elle s’arrête pour ne pas achever l’aveu.)


Sœur Angélique.

Achève, ouvre-moi ton cœur.


Julie.

Cet effort m’eſt impoſſible, laiſſez-moi mourir avec mon ſecret.


Sœur Angélique.

Mourir ! toi qui m’es plus chère que la vie. Ah ! ce ſeroit m’entraîner dans le tombeau. Ne me refuſe point ta confiance toute entière. Si je ne peux te laiſſer l’eſpérance, je partagerai au moins ta douleur, elle en ſera plus légère.