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mes Ouvrages. Le mauvais que l’on paye eſt toujours : le bon que l’on donne ne vaut jamais rien. J’ai appris à faire un proverbe de cette expérience. Il m’a pris fantaiſie de faire fortune, je veux la faire, & je la ferai.

Je la ferai, dis-je, en dépit des envieux, de la critique & du ſort même : car je vois bien qu’il faut que je lui montre les dents ſi je veux reprendre ma revanche. Je vois auſſi que notre vie n’eſt qu’un jeu, & que celui qui ne ſait pas calculer perd toujours. J’ai appris mathématiquement à vivre à mes dépens.

Je finis par demander juſtice au Public pour mes foibles productions : lui demander de l’indulgence, ce ſeroit trop ; mais ſi j’obtiens cette juſtice, ce ſera beaucoup pour moi.

En liſant cette Préface je m’apperçois qu’il eſt impoſſible de livrer à l’impreſſion un brouillon ſans être revu & corrigé. C’eſt aſſez mon uſage pour les Préfaces. Ainſi, je rappelle celle-ci à l’indulgence du Lecteur, quoique je paroiſſe la braver plus haut.