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Page:Goldenweiser - Le Crime comme peine, la peine comme crime.djvu/78

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« comme cette terre pavée l’est à la pluie » pense Nekludoff.

Tous ces serviteurs zélés sont en effet dans le roman comme des âmes pavées. Semblables à une terre recouverte de pierres ils perdent leurs qualités naturelles, cessant de les manifester alors qu’elles sont nécessaires et qu’on les recherche ». Pourtant si tous ces hommes, pensait Nekludoff, Maslennikoff, l’inspecteur, le chef du convoi n’étaient ni gouverneur, ni fonctionnaire, ni officier, ils auraient réfléchi vingt fois avant d’envoyer des hommes par une si grande chaleur et en si grand nombre, vingt fois ils se seraient arrêtés en route et voyant qu’un individu faiblit, étouffe, ils l’auraient fait sortir des rangs, l’auraient conduit à l’ombre, l’auraient abreuvé, lui auraient permis de se reposer et quand un malheur serait arrivé ils auraient montré de la commisération. Ils ne le faisaient pas eux-mêmes et empêchaient aux autres de le faire parce qu’ils ne voyaient pas devant eux des hommes et leurs devoirs envers eux, mais seulement le service et ses exigences qu’ils plaçaient au-dessus des exigences des rapports humains. « — Selenine, Rogojinski font l’impression d’âmes pavées par le principe du devoir professionnel : la formation progressive dans ce sens de l’âme de Selenine, sous l’influence de l’égoïsme masqué par quelques bonnes impulsions, est dépeinte par l’auteur en traits typiques d’une façon particulièrement minutieuse. Quant aux nombreux représentants du monde des fonc-