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Page:Goldenweiser - Le Crime comme peine, la peine comme crime.djvu/56

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doit servir de point de départ l’acte du crime avec sa mise en scène qui sert à déterminer sa nature, son genre, ses conditions, incluant la volonté criminelle qui y est exprimée, mais en laissant en dehors de l’enquête tout ce qui, bien que pouvant servir à montrer la signification sociale ou économique de l’acte commis ou à donner des détails sur le milieu auquel appartient le criminel, ne peut avoir de signification pour l’application d’un juste châtiment au crime, car le tribunal n’est pas appelé à découvrir les erreurs et les maux sociaux, mais uniquement à appliquer équitablement la loi ».

Il suffit de comparer ces deux textes à la tendance du roman pour voir combien sont opposés les tribunaux actuels à ce qu’attend Tolstoï d’une institution sociale et quel sentiment doit lui inspirer la procédure judiciaire. Ce qui le frappe le plus dans cette dernière, c’est la façon dont sont formulées les questions posées au jury. Le malencontreux verdict rapporté à Catherine Maslow, nous montre, à leur plus haut degré, les suites de ce que le texte des questions posées au jury ainsi que les réponses qu’il devait y faire, n’était pas assez clairement rédigé. En ne répondant pas « oui, mais sans intention d’ôter la vie », les jurés rendirent sans le vouloir, l’accusée responsable comme d’un crime conscient. La question, résumant toutes les raisons pour lesquelles on juge un individu, dont la préparation a nécessité tant d’efforts d’enquête préliminaire et judiciaire est enfin