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per, d’une robe de soie qui tombe, et il y avait en effet, chaque fois je m’y laissai prendre, une statue de Diane devant moi. J’ai vu des moujicks, ils riaient et, dans chacun de leurs deux yeux mon image dansait sur un petit bûcher. J’ai vu ton été russe, le ciel si bleu, la verdure repeinte supportée par de grands fûts gantés de cuir blanc ; mille chevaux aimables à double poitrail, lustrés et bondissants, semblables à des femmes. Dans la mer Noire (la nuit si bleue) j’ai voyagé sur le croiseur Askold, qui avait deux fois contourné le monde et à chaque escale acheté une tortue, petite ou gigantesque. Elles habitaient le pont, et dans les tempêtes on les entendait rouler d’un bord à l’autre. Te rappelles-tu la vitrine de Kissling, que nous avions aménagée et que nous appelions le Musée Franco-Russe, où nous rassemblions des oiseaux empaillés, des nids, des œufs percés, comme si certaines races d’animaux prospéraient de l’amitié de deux nations, et que l’union