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tout est calme. Mais on ne sait quel phare a tourné. Un télégramme annonce au capitaine la mort de la mère Naudin. Il y avait dans le bataillon deux Naudin, et l’un est tué. Le capitaine décide que la morte est la mère de celui-ci, déchire le télégramme, se tourne distrait vers Gustou : — Où sommes-nous ? lui dit-il…

Parfois…

Soudain…

Parfois tout ce que l’on voit est étrange, étrange… On voit ce qu’on n’attendait plus. On voit sur le pas d’une porte une femme qui nous regarde. Une paysanne avec un enfant dans les bras, à ses pieds un chien ; on voit le passé d’un paysan heureux nous regarder en face. On voit un vieillard gagner l’arrière avec deux bœufs, deux chèvres, deux petits garçons, gagner je ne sais quelle arche avec de faux couples, purs, mais vite périssables. On voit un soldat voisin avec sa capote fendillée, le gilet sous la capote ouverte sans boutons, un vieux plastron