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fomenter trente-cinq ans le schisme de l’Orient et de l’Occident, jusqu’à l’époque où ils condamnèrent la mémoire de quatre pontifes de Byzance qui avaient osé s’opposer à la suprématie de saint Pierre[1]. Avant ce temps, le zèle des prélats rivaux avait violé la trêve mal affermie de Constantinople et de l’Égypte. Macédonius, soupçonné d’un secret attachement à l’hérésie de Nestorius, défendit dans la disgrâce et l’exil le concile de Chalcédoine, dont le successeur de saint Cyrille eût désiré pouvoir acheter la condamnation au prix de deux mille livres d’or.

Le Trisagion et la guerre de religion, jusqu’à la mort d’Anastase. A. D. 508-518.

Au milieu de l’effervescence de ce siècle, le sens ou plutôt le son d’une syllabe suffisait pour troubler la paix de l’empire. Les Grecs ont supposé que le Trisagion[2] (trois fois saint) saint, saint, saint,

    mont lui-même (Mém. ecclés., t. XVI, p. 372-642, etc.) est révolté du caractère orgueilleux et peu charitable des papes ; ils sont bien aises maintenant, dit-il, d’invoquer saint Flavien d’Antioche et saint Élie de Jérusalem, etc., auxquels ils refusaient la communion durant leur séjour sur la terre. Mais le cardinal Baronius est ferme et dur comme le rocher de saint Pierre.

  1. On effaça leurs noms du dyptique de l’Église : Ex venerabili dypticho, in quo piæ memoriæ transitum ad cœlum habentium episcoporum vocabula continentur. (Concil., t. IV, p. 1846.) Ce registre ecclésiastique équivalait donc au Livre de Vie.
  2. Pétau (Dogm. theol., t. V, l. V, c. 2, 3, 4, p. 217-225) et Tillemont (Mém. éccles., t. XIV, p. 713, etc., 790), exposent l’histoire et la doctrine du Trisagion ; durant les douze