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controverse, et les animosités particulières des évêques brisaient et renouaient tour à tour les liens de la communion. Mille nuances d’expressions et d’opinions remplissaient l’intervalle qui se trouvait entre Nestorius et Eutychès ; les acéphales[1] d’Égypte et les pontifes de Rome, doués de la même valeur, mais d’une force inégale, se trouvaient aux deux extrémités de l’échelle théologique. Les acéphales, sans roi et sans évêque, furent durant plus de trois cents ans séparés des patriarches d’Alexandrie, qui avaient accepté la communion de Constantinople, sans exiger une condamnation formelle du concile de Chalcédoine. Les papes anathématisèrent les patriarches de Constantinople pour avoir accepté la communion d’Alexandrie sans approuver le même concile d’une manière formelle : leur despotisme inflexible enveloppa dans cette contagion spirituelle les plus orthodoxes des églises grecques ; il nia ou contesta la validité de leurs sacremens[2] ; on le vit

  1. Voyez Renaudot, Hist. patriarch. Alexand., p. 123, 131, 145, 195, 247. Ils réconcilièrent par les soins de Marc Ier (A. D. 799-819) ; il éleva leurs chefs aux évêchés d’Athribis et de Talba, peut-être Tava (Voyez d’Anville, p. 82) ; et il suppléa au défaut des sacremens qui n’avaient pas été conférés faute d’une ordination épiscopale.
  2. De his quos baptisavit, quos ordinavit Acacius, majorum traditione confectam et veram, præcipue religiosæ sollicitudini congruam præbemus sine difficultate medicinam (Gélase, in epist. I, ad Euphemium. Concil., t. V, p. 286). L’offre d’une médecine prouve la maladie, et beaucoup doivent avoir péri avant l’arrivée du médecin romain. Tille-