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manquer de fidélité à leur patriarche, et les treize autres se prosternant la face contre terre, implorèrent la clémence du concile par leurs sanglots et par leurs larmes, et déclarèrent d’une manière pathétique que s’ils cédaient, le peuple indigné les massacrerait à leur retour en Égypte. On consentit à accepter le tardif repentir des complices de Dioscore comme une réparation de leur crime ou de leurs erreurs, et leurs offenses furent toutes accumulées sur sa tête : il ne demanda point de pardon, il n’en espérait pas ; et la modération de ceux qui sollicitaient une amnistie générale, fut étouffée par des cris de victoire et de vengeance. Pour sauver la réputation de ceux qui avaient embrassé la cause de Dioscore, on dévoila habilement plusieurs offenses dont il était seul coupable, l’excommunication téméraire et illégale qu’il avait prononcée contre le pape, et son coupable refus de comparaître devant le synode, lorsqu’il se trouvait retenu prisonnier. Des témoins racontèrent plusieurs traits de son orgueil, de son avarice et de sa cruauté ; et les prélats apprirent avec horreur que les aumônes de l’Église avaient été prodiguées à des danseuses, que les prostituées d’Alexandrie entraient dans son palais et même dans ses bains, et que l’infâme Pansophie ou Irène était publiquement la concubine du patriarche[1].

  1. Μαλιςα η περι βοητος Πανσοφια η καλο‍υμενη Ορεινη (peut-être Ειρηνη), περι ης και ο πολυανθρωπος πης Αλεξανδρεων δημος αφηκε