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bien prise en faveur de l’un des partis, eut du moins l’avantage d’imposer silence à des vociférations et à des imprécations indignes de la gravité épiscopale ; mais d’après une accusation formelle des légats, Dioscore fut obligé de descendre de la place qu’il occupait, et de jouer le rôle d’un criminel déjà condamné dans l’esprit de ses juges. Les Orientaux, moins contraires à Nestorius qu’à saint Cyrille, reçurent les Romains comme leurs libérateurs : la Thrace, le Pont et l’Asie étaient irrités contre le meurtrier de Flavien, et les nouveaux patriarches de Constantinople et d’Antioche s’assurèrent de leurs places en sacrifiant leur bienfaiteur. Les évêques de Palestine, de Macédoine et de la Grèce étaient attachés à la doctrine de saint Cyrille ; mais au milieu des assemblées du synode, dans la chaleur du combat, les chefs, avec leur troupe obéissante, passèrent de l’aile droite à l’aile gauche, et décidèrent la victoire par leur désertion. Des dix-sept suffragans arrivés d’Alexandrie, quatre se laissèrent entraîner à

    qui comprennent aussi le synode de Constantinople sous Flavien (p. 930-1072) ; et il faut un peu d’attention pour discerner ce double enlacement. Tout ce qui a rapport à Eutychès, à Flavien et à Dioscore, est raconté par Evagrius (l. I, c. 9-12 ; et l. II, c. 1, 2, 3, 4), et par Liberatus (Brev., c. 11, 12, 13, 14). Je renvoie encore ici, et presque pour la dernière fois, aux recherches exactes de Tillemont (Mém. ecclés., t. XV, p. 479-719). Les Annales de Baronius et de Pagi m’accompagneront beaucoup plus loin dans le long et pénible voyage que j’ai entrepris.