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saphius fut brûlé vif ; Dioscore fut disgracié ; on rappela les exilés, et les évêques d’Orient signèrent le tome de Léon. Toutefois le pape vit avec regret échouer son projet favori d’assembler un concile d’évêques latins : il dédaigna de présider le synode grec, qu’on rassembla à la hâte à Nicée en Bythinie ; ses légats exigèrent d’un ton péremptoire la présence de l’empereur, et les pères, déjà fatigués, furent conduits à Chalcédoine, sous les yeux de Marcien et du sénat de Constantinople. Ils s’assemblèrent dans l’église de Sainte-Euphémie, située à un quart de mille du Bosphore de Thrace, au sommet d’une colline d’une pente douce, mais élevée ; on vantait comme un prodige de l’art son architecture à triple étage, et l’immensité de la vue dont elle jouissait tant du côté de la terre que du côté de la mer, pouvait élever l’âme d’un sectaire à la contemplation du Dieu de l’univers. Six cent trente évêques se rangèrent dans la nef ; les patriarches d’Orient cédèrent le pas aux légats, dont le troisième n’était cependant qu’un simple prêtre ; et les places d’honneur furent réservées à vingt laïques, revêtus de la dignité de sénateurs ou de consuls. L’Évangile fut exposé avec appareil au milieu de l’assemblée ; mais les ministres du pape et ceux de l’empereur, qui dominèrent dans les treize séances du concile de Chalcédoine, déterminèrent la règle de la foi[1]. Leur détermination

  1. Les Actes du concile de Chalcédoine (Concil., t. IV, p. 761-2071) comprennent ceux d’Éphèse (p. 890-1189),