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de sa maladie donna lieu à ce bruit odieux, que sa langue, organe de ses blasphèmes, avait été mangée par les vers. Il fut enterré dans une ville de la Haute-Égypte, connue sous le nom de Chemnis, ou Panopolis, ou Akmim[1] ; mais l’acharnement des jacobites a continué, pendant plusieurs générations, à insulter son sépulcre, et à publier ridiculement que la pluie du ciel, qui tombe également sur les fidèles et sur les impies[2], n’arrosait jamais le lieu où il se trouvait placé. L’humanité peut verser une larme sur la destinée de Nestorius ; mais, pour être juste, on doit observer que s’il fut victime de la persécution,

    et par le fameux Xenaias ou Philoxène, évêque de Hieropolis (Asseman., Bibl. orient., t. II, p. 40, etc.), niée par Evagrius et Asseman., et fortement soutenue par La Croze (Thesaur. epistol., t. III, p. 181, etc). Ce fait n’est pas invraisemblable ; mais il était de l’intérêt des monophysites de répandre ce bruit odieux. Eutychius (t. II, p. 12) assure que Nestorius mourut après un exil de sept ans, et par conséquent dix années avant le concile de Chalcédoine.

  1. Consultez d’Anville (Mém. sur l’Égypte, p. 191), Pococke (Description de l’Orient, vol. I, p. 76), Abulféda (Descriptio Ægypt., p. 14). Voyez aussi Michaelis, son commentateur (Not., p. 78-83), et le géographe de Nubie (p. 42), qui cite au douzième siècle les ruines et les cannes à sucre d’Akmim.
  2. Eutychius (Annal., t. II, p. 12) et Grégoire Bar-Hebræus ou Abulpharage (Asseman., t. II, p. 316) nous donnent une idée de la crédulité du dixième et du treizième siècles.