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réduit à modifier ses anathèmes ; et, avant de jouir du plaisir de satisfaire sa vengeance contre l’infortuné Nestorius, il lui fallut forcer sa répugnance à confesser, d’une manière équivoque et malgré lui, la double nature de Jésus-Christ[1].

Exil de Nestorius. A. D. 435.

L’imprudent et opiniâtre Nestorius fut, avant la fin du synode, accablé par saint Cyrille, trahi par la cour, et faiblement soutenu par ses amis de l’Orient. Soit frayeur, soit indignation, il se détermina, tandis qu’il en était temps, à se donner l’honneur d’une abdication qui pouvait encore paraître volontaire[2]. On acquiesça promptement à ses désirs ou du moins à sa demande ; on le conduisit d’une manière honorable d’Éphèse au monastère d’Antioche, d’où l’empereur l’avait tiré, et, bientôt après, Maximien et

  1. Les ennuyeuses négociations qui suivirent le synode d’Éphèse sont racontées longuement dans les Actes originaux (Concil., t. III, p. 1379-1771, ad fin. vol. et dans le Synodicon, in t. IV), dans Socrate (l. VII, c. 28-35, 40-41), dans Evagrius (l. I, c. 6, 7, 8-12), dans Liberatus (c. 7-10), dans Tillemont (Mém. ecclés., t. XIV, p. 487-676). Le lecteur le plus patient me saura gré d’avoir resserré en un petit nombre de lignes tant de choses fausses ou peu raisonnables.
  2. Αυτο‍υ τε αυδεηθεντος, επετραπη κατα το οικειον επαναζευσας μοναςηριον. Evagrius (l. I, c. 7). On voit d’après les Lettres, originales qui se trouvent dans le Synodicon (c. 15-24, 25, 26), que son abdication fut du moins en apparence volontaire, comme Ebed Jésus, écrivain nestorien, affirme qu’elle le fut en effet. (Ap. Asseman., Bibl. orient., t. III, p. 299-302.)