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que[1]. « Dieu m’est témoin, dit ce prince religieux, que je n’ai aucune part à ce désordre. La Providence discernera et punira les coupables. Retournez dans vos provinces, et puissent vos vertus privées réparer les maux et les scandales qu’a produits votre réunion ! » Les évêques retournèrent en effet chez eux ; mais les passions qui avaient troublé le concile d’Éphèse se répandirent dans tout l’Orient. Jean d’Antioche et saint Cyrille d’Alexandrie, après trois campagnes où ils se combattirent avec opiniâtreté et avec des succès pareils, voulurent bien s’expliquer et faire la paix ; mais on doit attribuer leur apparente réconciliation à la prudence plutôt qu’à la raison, à une lassitude mutuelle plutôt qu’à la charité chrétienne,

Victoire de saint Cyrille. A. D. 431-435.

Le pontife de Byzance avait donné à l’empereur des préventions sur le caractère et la conduite du prélat égyptien son rival ; saint Cyrille reçut, avec l’ordre de se rendre de nouveau à Éphèse, une lettre de menaces et d’invectives[2], où il était traité de

  1. Voyez les Actes du synode d’Éphèse dans l’original grec et dans une version latine, qu’on publia presque en même temps (Concil., t. III, p. 991-1339) avec le Synodicon adversus tragædiam Irenæi, t. IV, p. 235-497. Voyez aussi l’Hist. ecclés. de Socrate (l. VII, c. 34), Evagrius (l. I, c. 3, 4, 5), le Bréviaire de Liberatus (in Concil., t. VI, p. 419-459, c. 5, 6) et les Mém. ecclés. de Tillemont (tom. XIV, p. 377-487).
  2. Ταραχην (dit Théodose en phrases coupées) το γε επι σαυτω, και χωρισμον ταις εκκλησιαις εμβεβληκας… ως θρασυτερας