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de tous côtes, jusqu’aux extrémités de l’empire, la contagion de la controverse, et du théâtre sonore sur lequel se trouvaient placés les combattans ; leur voix retentit dans les cellules de la Palestine et de l’Égypte. Il était du devoir de saint Cyrille d’éclairer le zèle et l’ignorance des innombrables moines soumis à son autorité épiscopale : l’école d’Alexandrie lui avait enseigné l’incarnation d’une nature, et il l’avait adoptée ; mais en s’armant contre un second Arius, qui, plus effrayant et plus coupable que le premier, se trouvait placé sur le second trône de la hiérarchie ecclésiastique, le successeur de S. Athanase ne consulta que son orgueil et son ambition. Après une correspondance de peu de durée, dans laquelle les prélats rivaux couvrirent leur haine du langage perfide du respect et de la charité, le patriarche d’Alexandrie dénonça au prince et au peuple, à l’Orient et à l’Occident, les coupables erreurs du pontife de Byzance. Les évêques d’Orient, et en particulier celui d’Antioche, qui favorisait la cause de Nestorius, conseillèrent aux deux partis la modération et le silence ; mais le Vatican reçut à bras ouverts les députés de l’Égypte. Célestin fut flatté qu’on le choisît pour juge ; et l’infidèle version d’un moine détermina l’opinion du pape qui, non plus que son clergé latin, ne connaissait ni la langue, ni les arts, ni la théologie des Grecs. Célestin, à la tête d’un concile d’évêques italiens, examina les argumens de saint Cyrille ; il approuva son symbole et condamna la personne et les opinions de Nestorius,