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l’origine de la controverse d’Arius. Un ami du patriarche, et ensuite le patriarche lui-même, prêchèrent à diverses reprises, du haut de la chaire de Constantinople, contre l’usage et l’abus d’un mot[1] méconnu des apôtres, non autorisé par l’Église, capable d’alarmer les fidèles timorés, d’égarer les simples, d’amuser les profanes, et de justifier par une apparente ressemblance la généalogie des dieux de l’Olympe[2].

    des animaux ovipares ou vivipares. Il n’est pas aisé de fixer l’époque où on inventa ce mot, que La Croze (Christian. des Indes, t. I, p. 16), attribue à Eusèbe de Césarée et aux ariens. Saint Cyrille et Pétau produisent des témoignages orthodoxes (Dogmat. théolog., t. V, l. V, c. 15, p. 254, etc.) ; mais on peut contester la véracité de saint Cyrille ; et l’épithète θεοτοκος a pu se glisser de la marge dans le texte d’un manuscrit catholique.

  1. Basnage, dans son Histoire de l’Église, ouvrage de controverse (t. I, p. 505), justifie la mère de Dieu par le sang (Actes, XX, 28, avec les différentes leçons de Mill) ; mais les manuscrits grecs sont loin d’être d’accord ; et le style primitif du sang du Christ s’est conservé dans la version syriaque, même dans les copies dont se servent les chrétiens de Saint-Thomas sur la côte de Malabar (La Croze, Christian. des Indes, t. I, p. 347). La jalousie des nestoriens et des monophysites a conservé la pureté de leur texte.
  2. Les païens de l’Égypte se moquaient déjà de la nouvelle Cybèle des chrétiens (Isidore, l. I, epist. 54). On fabriqua au nom d’Hypatia une lettre qui tournait en ridicule la théologie de son assassin. (Synodicon, c. 216, dans le quatrième t. concil., p. 484.) À l’article Nestorius, Bayle exprime sur le culte de la Vierge Marie quelques principes d’une philosophie un peu relâchée.