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de Worms, et qu’on retint sa personne dans une hôtellerie pour caution ou pour otage de ce qu’il avait dépensé.

Son faste. A. D. 1356.

De cette scène d’humiliation portons nos regards sur l’apparente majesté que déploya Charles IV dans les diètes de l’empire. La bulle d’or, qui fixa la constitution germanique, est écrite du ton d’un souverain et d’un législateur. Cent princes se courbaient devant son trône, et relevaient leur propre dignité par les hommages volontaires qu’ils accordaient à leur chef ou à leur ministre. Les sept électeurs, ses grands officiers héréditaires, qui par leur rang et leurs titres égalaient les rois, servaient au banquet impérial. Les archevêques de Mayence, de Trèves et de Cologne, archichanceliers perpétuels de l’Allemagne, de l’Italie et de la contrée d’Arles, portaient en grand appareil les sceaux du triple royaume. Le grand maréchal, à cheval pour marque de ses fonctions, tenait entre ses mains un boisseau d’argent rempli de grains d’avoine qu’il versait par terre, et aussitôt après il descendait de cheval pour régler l’ordre des convives. Le grand-intendant, le comte palatin du Rhin, apportait les plats sur la table. Après le repas, le grand-chambellan, le margrave de Brandebourg, se présentait avec l’aiguière et un bassin d’or, et donnait à laver. Le roi de Bohême était représenté, en qualité de grand-échanson, par le frère de l’empereur, le duc de Luxembourg et de Brabant ; et la cérémonie était terminée par les grands-officiers de la chasse qui, avec un grand bruit de cors et de