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fut fixé à soixante mille marcs d’argent[1], mais les extorsions des officiers du fisc donnèrent à ces impôts une étendue indéfinie. Les villes les plus obstinées furent réduites par la terreur ou la force de ses armes : il livra les captifs au bourreau ou les fit périr sous les traits lancés par ses machines de guerre ; après le siége et la reddition de Milan, il fit raser les édifices de cette magnifique capitale ; il en tira trois cents otages qu’il envoya en Allemagne, et les habitans, assujettis au joug de l’inflexible vainqueur, furent dispersés dans quatre villages[2]. Milan ne tarda pas à sortir de ses cendres ; le malheur cimenta la ligue de Lombardie ; Venise, le pape Alexandre III et l’empereur grec, en défendirent les intérêts : l’édifice du despotisme fut renversé en un jour, et dans le traité de Constance, Frédéric signa, avec quelques réserves, la liberté de vingt-quatre villes. Ces villes avaient acquis toute leur vigueur et toute leur maturité lorsqu’elles luttèrent contre son petit-fils ; mais des avantages personnels et particuliers distinguaient Frédéric II[3]. [Frédéric II. A. D. 1198-1250.]Sa naissance et son éducation le re-

  1. Gunther Ligurinus, l. VIII, p. 584 et suiv. ; apud Schmidt, t. III, p. 399.
  2. Solus imperator faciem suam firmavit ut petram (Burcard., De excidio Mediolani, Script. Ital., t. VI, p. 917). Ce volume de Muratori renferme les monumens originaux de l’Histoire de Frédéric Ier qu’il faut comparer entre eux, en n’oubliant pas la position et les préjugés de chacun de ces écrivains, soit germains, soit Lombards.
  3. Voyez sur l’Histoire de Frédéric II et la maison de Souabe à Naples, Giannone, Istoria civile, t. II, l. 14-19.