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une sorte de gouvernement municipal ; et leurs premiers priviléges furent un don de la politique des empereurs, qui voulaient faire servir les plébéiens à contenir l’indépendance de la noblesse. Mais le rapide progrès de ces communautés, et les extensions qu’elles donnaient chaque jour à leur pouvoir, n’eurent d’autre cause que le nombre et l’énergie de leurs membres[1]. La juridiction de chaque ville embrassait toute l’étendue d’un diocèse ou d’un district : celle des évêques, des marquis et des comtes fut anéantie, et les plus orgueilleux d’entre les nobles se laissèrent persuader ou furent contraints d’abandonner leurs châteaux solitaires et de prendre la qualité plus honorable de citoyens et de magistrats. L’autorité législative appartenait à l’assemblée générale ; mais le pouvoir exécutif était entre les mains de trois consuls qu’on tirait annuellement des trois ordres dont se composait la république, savoir : les capitaines, les valvasseurs[2] et les communes sous la protection d’une législation égale pour tous.

  1. Othon, évêque de Freysingen, nous a laissé un passage important sur les villes d’Italie (l. I, c. 13, in Script. Ital., t. VI, p. 707-710), et Muratori (Antiquit. Ital. medii ævi, t. IV, Dissert. 45-52, p. 1-675 ; Annal., t. VIII, IX, X) explique parfaitement la naissance, le progrès et le gouvernement de ces républiques.
  2. Voy. sur ces titres, Selden (Titles of Honour, vol. III, part. I, p. 488), Ducange (Glossar. latin., t. II, p. 140 ; t. VI, p. 776), et Saint-Marc (Abrégé chronologique, t. II, p. 719).