Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 9.djvu/379

Cette page a été validée par deux contributeurs.


glaive de ne pas s’éloigner de sa personne[1]. Avant de repasser les Alpes, l’empereur punit la révolte du peuple et l’ingratitude de Jean XII. [Du pape Jean XII. A. D. 967.]Le pape fut déposé dans un synode ; le préfet, placé sur un âne et fustigé dans tous les quartiers de la ville, fut ensuite jeté au fond d’un cachot : treize des citoyens les plus coupables expirèrent sur un gibet, d’autres furent mutilés ou bannis, et les anciennes lois de Théodose et de Justinien servirent à justifier la sévérité de ces châtimens. Othon II a été accusé par la voix publique d’avoir fait massacrer avec autant de cruauté que de perfidie des sénateurs qu’il avait invités à sa table sous l’apparence de l’hospitalité et de l’amitié[2]. Durant la minorité d’Othon III, son fils, Rome fit une tentative vigoureuse pour secouer le joug des Saxons, [Du consul Crescentius. A. D. 998.]et le consul Crescentius fut le Brutus de la république. De la condition de sujet et d’exilé, il parvint deux fois au commandement de la ville ; il opprima, chassa, créa des papes, et forma une conspiration pour rétablir l’autorité des empereurs grecs. Il soutint un siége opiniâtre dans le château Saint-Ange ; mais s’étant laissé séduire par une pro-

  1. Ditmar, p. 354 ; apud Schmidt, t. III, 439.
  2. Ce sanglant festin se trouve décrit en vers Léonins, dans le Panthéon de Godefroy de Viterbe (Scriptor. Ital., t. VII, p. 436, 437), qui vécut sur la fin du douzième siècle (Fabricius, Bibl. lat. Med. et infimi ævi, t. III, p. 69, édit. Manfi) ; mais Muratori (Annali, t. VIII, p. 177) se méfie avec raison de son témoignage, qui en a imposé à Sigonius.