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domaines temporels et la juridiction spirituelle de l’Église romaine. [A. D. 800-1060.]Selon la constitution aristocratique du clergé, ses principaux membres formaient un sénat qui aidait l’administration de ses conseils, et qui nommait à l’évêché lorsqu’il devenait vacant. Il y avait dans Rome vingt-huit paroisses : chaque paroisse était gouvernée par un cardinal-prêtre ou presbyter, titre qui, modeste à son origine, voulut ensuite égaler la pourpre des rois. Le nombre des membres de ce conseil fut augmenté par l’association des sept diacres des hôpitaux les plus considérables, des sept juges du palais de Latran, et de quelques dignitaires de l’Église. Il était sous la direction des sept cardinaux évêques de la province romaine, qui s’occupaient moins de leurs diocèses d’Ostie, de Porto, de Velitre, de Tusculum, de Præneste, de Tivoli et du pays des Sabins, situés, pour ainsi dire, dans les faubourgs de Rome, que de leur service hebdomadaire à la cour de l’évêque, et du soin d’obtenir une plus grande portion des honneurs et de l’autorité du siége apostolique. Lorsque le pape mourait, ces évêques désignaient au collége des cardinaux celui qu’ils devaient choisir pour son successeur[1] ; et les ap-

  1. On trouve l’origine et les progrès du titre de cardinal dans Thomassin (Discipline de l’Église, t. I, p. 1261-1298), dans Muratori (Antiquit. Ital. medii ævi, t. VI, Dissert. 61, p. 159-182), et dans Mosheim (Instit. Hist. ecclés., p. 345-347), qui remarque avec exactitude les formes de l’élection et les changemens qu’elle a subis. Les cardinaux évêques