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renfermait la promesse de maintenir la foi et les priviléges de l’Église ; de riches offrandes déposées sur le tombeau du saint apôtre furent le premier fruit de cette promesse. L’empereur protesta, dans des entretiens familiers, qu’il n’avait pas connu le dessein de Léon ; que s’il en avait été instruit, il l’aurait déjoué par son absence ; mais les préparatifs de la cérémonie devaient en avoir divulgué le secret, et le voyage de Charlemagne annonce qu’il s’attendait à ce couronnement[1] ; il avait avoué que le titre d’empereur était l’objet de son ambition, et un synode tenu à Rome avait prononcé que c’était la seule récompense proportionnée à son mérite et à ses services.

Règne et caractère de Charlemagne. A. D. 768-814.

Le surnom de Grand a été souvent accordé, et quelquefois avec justice ; mais il n’y a que Charlemagne pour qui cette belle épithète ait été jointe au nom propre d’une manière indissoluble. Ce nom a été placé dans le calendrier de Rome parmi ceux des saints ; et, par un rare bonheur, ce saint a ob-

  1. Ce grand événement de la translation ou restauration de l’empire d’Occident est raconté et discuté par Natalis Alexander (seculum, 9, Dissert. I, p. 390-397), par Pagi (t. III, p. 418), par Muratori (Annali d’Italla, t. VI, p. 339-352), par Sigonius (De regno Italiæ, l. IV, Opp., t. II, p. 247-251), par Spanheim (De ficta translatione imperii), par Giannone (t. I, p. 395-405), par Saint-Marc (Abrégé chronologique, t. I, p. 438-450), et par M. Gaillard (Hist. de Charlemagne, t. II, p. 386-446). Presque tous ces modernes sont soumis à quelques préventions religieuses ou nationales.