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après lui[1] ; l’érection des murs de la ville de Rome, le patrimoine de l’Église, la destruction des Lombards, et l’amitié de Charlemagne, tels furent les trophées de sa gloire ; il éleva en secret le trône de ses successeurs, et sur un théâtre peu étendu, il déploya les vertus d’un grand prince. On respecta sa mémoire ; mais lorsqu’il fallut le remplacer, un prêtre de l’église de Latran, Léon III, fut préféré à son neveu et à son favori, qu’il avait revêtus des premières dignités de l’Église. Ceux-ci, sous le masque de la soumission ou de la pénitence, dissimulèrent durant plus de quatre ans leurs horribles projets de vengeance ; enfin, dans une procession, une bande de conspirateurs furieux, après avoir dispersé une multitude désarmée, se jeta sur la personne sacrée du pape, qu’ils accablèrent de coups et de blessures. Ils en voulaient à sa vie ou à sa liberté ; mais soit

    se déclare l’auteur (Concil, t. VIII, p. 520), rend compte de son mérite et de ses espérances.

    Post patrem lacrymans Carolus hæc carmina seripsi.
    Tu mihi dulcis amor, te modo plan go pater…
    Nomina jungo simul titulis, clarissime, nostra
    Adrianus, Carolus, rex ego, tuque pater.

    On peut croire qu’Alcuin fit ces vers, mais que ce glorieux tribut de larmes venait de Charlemagne.

  1. On dit à chaque nouveau pape : « Sancte pater, non videbis annos Petri », vingt-cinq ans. En examinant la liste des papes, on voit que le terme moyen de leur règne est d’environ huit ans ; terme bien court pour un cardinal ambitieux.