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alors que suspendu sur sa tête coupable. Il semble aussi que les papes, après avoir établi les points qui intéressaient leur sûreté, le culte des images et la liberté de Rome et de l’Italie, se relâchèrent de leur sévérité, et épargnèrent les restes de la domination du souverain de Byzance. Ils différèrent et empêchèrent, par des conseils modérés, l’élection d’un nouvel empereur, et exhortèrent les Italiens à ne pas se séparer du corps de la monarchie romaine. On permit à l’exarque de résider dans les murs de Ravenne, où il joua moins le rôle d’un maître que celui d’un captif ; et jusqu’au couronnement de Charlemagne, l’administration de Rome et de l’Italie fut toujours au nom des successeurs de Constantin[1].

République de Rome.

La liberté de Rome, opprimée par les armes et l’adresse d’Auguste, fut délivrée, après sept cent cinquante années de servitude, de la tyrannie de Léon l’Isaurien. Les Césars avaient anéanti les triomphes des consuls ; dans le déclin et la chute de l’Empire romain, le dieu Terme, cette limite sacrée, s’était retiré peu à peu des rives de l’Océan, du Rhin,

  1. Compescuit tale consilium pontifex, sperans conversionem principis (Anastase, p. 156). Sed ne desisterent ab amore et fide R. J. admonebat (p. 157). Les papes donnent à Léon et à Constantin Copronyme les titres d’imperatores et de domini, accompagnés de l’étrange épithète de piissimi. Une célèbre mosaïque du palais de Latran (A. D. 798) représente Jésus-Christ qui remet les clefs de saint Pierre et la bannière à Constantin V. (Muratori, Annali d’Italia, t. VI, p. 337.)