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leurs dangers et de leurs devoirs[1]. À ce signal, Ravenne, Venise, et les villes de l’Exarchat et de la Pentapole, adhérèrent à la cause de la religion ; des naturels du pays formaient la plus grande partie de leurs troupes de terre et de mer ; et ils inspirèrent aux mercenaires étrangers l’esprit de patriotisme et de zèle dont ils étaient animés eux-mêmes. Les Italiens jurèrent de vivre et de mourir pour la défense du pape et des saintes images ; le peuple romain était dévoué à son père spirituel, et les Lombards eux-mêmes désiraient partager le mérite et les avantages de cette guerre sacrée. La destruction des statues de Léon fut l’acte de rebellion le plus apparent, le plus audacieux, et celui qui se présentait le plus naturellement : le plus efficace et le plus avantageux fut de retenir le tribut que l’Italie payait à Constantinople, et de dépouiller ainsi le prince d’un pouvoir dont il avait abusé depuis peu, en exigeant une nouvelle capitation[2]. On élut des

  1. Je rapporterai ici le passage important et décisif du Liber pontificalis. Respiciens ergo pius vir profanam principis jussionem, jam contra imperatorem quasi contra HOSTEM se armavit, renuens hæresim ejus, scribens ubique se cavere christianos eo quod orta fuisset, impietas talis. IGITUR permoti omnes Pentapolenses, atque Venetiarurn exercitus contra imperatoris jussionem restiterunt : dicentes se numquam in ejusdem pontificis condescendere necem, sed pro ejus magis defensione viriliter decertare (p. 156).
  2. Un census ou capitation, dit Anastase (p. 156), impôt cruel et inconnu des Sarrasins eux-mêmes, s’écrie le zélé Maimbourg (Histoire des iconoclastes, l. I) et Théophane