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ne lança pas les mêmes foudres contre les Néron et les Julien de l’antiquité, ils répondent que la faiblesse de la primitive Église fut la seule cause de sa patiente fidélité[1]. L’amour et la haine ont produit en cette occasion les mêmes effets, et les zélés protestans, qui veulent exciter l’indignation et alarmer le pouvoir des princes et des magistrats, s’étendent sur l’insolence et le crime des deux Grégoire envers leur légitime souverain[2]. Ces papes ne sont défendus que par les catholiques modérés, pour la plupart de l’Église gallicane[3], qui respectent le saint sans

    mulctavit eum parte imperii. (Sigonius, De regno Italiæ, l. III, opera, t. II, p. 169.) Mais les opinions ont tellement changé en Italie, que l’éditeur de Milan, Philippe Argelatus, Bolonais et sujet du pape, corrige Sigonius.

  1. Quod si Christlani olim non deposuerunt Neronem aut Julianum ; id fuit quia deerant vires temporales Christianis (c’est l’honnête Bellarmin qui parle ainsi. De rom. pont., l. V, c. 7). Le cardinal du Perron fait une distinction qui est plus honorable aux premiers chrétiens, mais qui ne doit pas plaire davantage aux princes modernes. Il distingue la trahison des hérétiques et des apostats qui manquent à leurs sermens, falsifient la marque qu’ils ont reçue, et renoncent à la fidélité qu’ils doivent à Jésus-Christ et à son vicaire (Perroniana, p. 89).
  2. On peut citer pour exemple le circonspect Basnage (Hist. de l’Église, p. 1350, 1351) et le véhément Spanheim (Hist. imaginum), qui avec cent autres marchent sur les traces des centuriateurs de Magdebourg.
  3. Voy. Launoy (Op., t. V, part. II, ep. VII, 7, p. 456-474), Natalis Alexander (Hist. novi Testam., secul. 8 ; Dissert. I, p. 92-96), Pagi (Critica, t. III, p. 215, 216), et Giannone