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toujours de l’aversion pour le mariage, l’infatigable Zoé, âgée alors de soixante ans, consentit encore, pour le bien public, à subir les caresses d’un troisième mari et les censures de l’Église grecque. [Constantin IX, ou Monomaque. A. D. 1042. Juin 11.]Ce troisième mari prit le nom de Constantin IX et le surnom de Monomaque, seul combattant, nom relatif sans doute à la valeur qu’il avait montrée et à la victoire qu’il avait remportée dans quelque querelle publique ou particulière. Mais les douleurs de la goutte venaient souvent le tourmenter, et ce règne dissolu n’offrit qu’une alternative de maladie et de plaisirs. Sclerena, belle veuve d’une noble famille, qui avait accompagné Constantin lors de son exil dans l’île de Lesbos, s’enorgueillissait du nom de sa maîtresse. Après le mariage de Constantin et son avénement au trône, elle fut revêtue du titre d’Augusta ; la pompe de sa maison fut proportionnée à cette dignité, et elle occupa au palais un appartement contigu à celui de l’empereur. Zoé (telle fut sa délicatesse ou sa corruption) permit ce scandaleux partage ; et Constantin se montra en public entre sa femme et sa concubine. [Théodora. A. D. 1064. Nov. 30.]Il survécut à l’une et à l’autre ; mais la vigilance des amis de Théodora prévint les projets de Constantin, qui, sur la fin de sa carrière, voulait changer l’ordre de la succession ; après sa mort, elle rentra, de l’aveu de la nation, en possession de son héritage. Quatre eunuques gouvernèrent en paix l’empire d’Orient sous son nom ; et voulant prolonger leur domination, ils persuadèrent à l’impératrice, alors très-avancée en âge, de nommer Michel VI son