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scrite en Égypte, et on publia une loi qui excluait les naturels du pays des honneurs et des emplois lucratifs de l’état.

Séparation et décadence des Égyptiens.

Il restait à faire une conquête plus importante, celle du patriarche, l’oracle et le chef de l’Église d’Égypte. Théodose avait résisté aux menaces et aux promesses de Justinien avec le courage d’un apôtre ou celui d’un enthousiaste. « Telles furent, répondit le patriarche, les offres du tentateur, lorsqu’il montrait les royaumes de la terre ; mon âme m’est beaucoup plus chère que la vie ou l’autorité. Les églises sont entre les mains d’un prince qui peut tuer le corps, mais ma conscience est à moi ; et dans l’exil, dans la pauvreté ou dans les fers, je demeurerai constamment attaché à la foi de mes saints prédécesseurs Athanase, Cyrille et Dioscore. Anathème au tome de Léon et au concile de Chalcédoine ! anathème à tous ceux qui admettent leur doctrine ! que maintenant et à jamais ils soient chargés d’anathèmes ! Je suis sorti nu du sein de manière, je descendrai nu dans le tombeau : que ceux qui aiment Dieu me suivent et cherchent leur salut. » Après avoir consolé et encouragé ses frères, il s’embarqua pour Constantinople, et dans six entrevues successives, soutint, sans s’ébranler, le choc presque irrésistible de la présence du souverain. Ses opinions étaient favorisées dans le palais et dans la capitale ; le crédit de Théodora le mettait en sûreté et lui promettait un renvoi honorable ; il termina sa carrière, non sur le siége épiscopal, mais au sein de son pays natal.