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ils en avaient embrassé la religion. Des édits avaient souvent défendu leur commerce avec le clergé de la Syrie ; les progrès du schisme furent agréables à l’orgueil jaloux de Perozes, et il prêta l’oreille aux discours d’un prélat adroit qui, lui peignant Nestorius comme l’ami de la Perse, l’engagea à s’assurer de la fidélité de ses sujets chrétiens, en se prononçant en faveur des victimes et des ennemis du despote romain. Les Nestoriens formaient la plus grande partie du clergé et du peuple ; ils furent encouragés par le sourire du prince, et le despotisme les arma de son glaive : mais la faiblesse de quelques-uns fut effrayée de l’idée de se séparer de la communion du monde chrétien, et le sang de sept mille sept cents monophysites ou catholiques établit l’uniformité de la foi et de la discipline dans les Églises de la Perse[1]. [Seuls maîtres de la Perse. A. D. 500, etc.]Leurs institutions religieuses se distinguaient par un principe de raison ou du moins de politique ; l’austérité du cloître s’était relâchée et tomba peu à peu ; on dota des maisons de charité, qui prirent soin de l’éducation des orphelins et des enfans trouvés ; le clergé de la Perse dédaigna la loi du célibat, si for-

  1. Une dissertation sur l’état des nestoriens est devenue entre les mains d’Assemani un volume in-folio de neuf cent cinquante pages, et il a disposé dans l’ordre le plus clair ses savantes recherches. Outre ce quatrième volume de la Bibliotheca orientalis, on peut consulter avec fruit les extraits qui se trouvent dans les trois premiers tomes (t. I ; p. 203 ; t. II, p. 321, 463 ; t. III, p. 64, 70, 378, 395, etc., 403, 408, 580, 589).