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établie et se trouvait encore maintenue par la puissance arbitraire d’un monarque temporel. Leurs adversaires pouvaient citer les mots des pères du concile de Constantinople qui se déclarèrent les esclaves du prince, et ils pouvaient raconter avec une joie maligne combien l’empereur Marcien et sa chaste épouse avaient influé sur les décrets du concile de Chalcédoine. Une faction dominante rappelle sans cesse le devoir de la soumission, et il n’est pas moins naturel que les dissidens sentent et réclament les principes de la liberté. Sous la verge de la persécution, les nestoriens et les monophysites devinrent des rebelles, des fugitifs, et les alliés de Rome, les plus anciens et les plus utiles, apprirent à regarder l’empereur, non pas comme le chef, mais comme l’ennemi des chrétiens. Le langage, ce grand principe d’union et de séparation entre les diverses tribus du genre humain, distingua bientôt définitivement les sectaires de l’Orient par un signe particulier, qui anéantit tout commerce et tout espoir de réconciliation. [Séparation perpétuelle des sectes de l’Orient.]La longue domination des Grecs, leurs colonies et surtout leur éloquence, avaient répandu un idiome, sans doute le plus parfait de tous ceux qu’ont inventés les hommes ; mais le corps du peuple dans la Syrie et en Égypte se servait encore de la langue nationale, avec cette différence toutefois que le cophte n’était employé que par les ignorans et grossiers paysans des bords du Nil ; tandis que depuis les montagnes de l’Assyrie jusqu’à la mer Rouge, le