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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/73

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de Théodose paraissait en effet si désespérée à ceux qui connaissaient le mieux ses forces et ses ressources, que Jovius et Valens, son ministre et son général, trahirent sa confiance, désertèrent indignement la cause expirante de leur bienfaiteur, et vouèrent à son heureux rival leurs infidèles services. Effrayé de ces exemples de trahison, Honorius tremblait à l’approche de tous ses serviteurs, à l’arrivée de tous les messagers. Il craignait sans cesse que quelque ennemi secret ne se glissât dans sa capitale, dans son palais et jusque dans son appartement ; il tenait des vaisseaux prêts dans le port de Ravenne, pour le transporter, au besoin, dans les états de son neveu, l’empereur d’Orient.

Attale est dégradé par Alaric. A. D. 410.

Mais il existe, dit l’historien Procope, une Providence[1] qui protège l’innocence et la sottise ; et elle ne pouvait raisonnablement refuser son secours à Honorius. Au moment où, incapable d’une entreprise sage ou hardie, il méditait une fuite honteuse, un renfort de quatre mille vétérans entra dans le port de Ravenne. L’empereur confia la garde des murs et des portes de la ville à ces braves étrangers, dont la fidélité n’était point corrompue par les intrigues de la cour ; et son sommeil cessa d’être

    tiler Honorius avant de l’envoyer en exil ; mais cette assertion de Zosime est contredite par le témoignage plus impartial d’Olympiodore. Il impute cette proposition odieuse à la bassesse et peut-être à la perfidie de Jovius, et assura qu’elle fut absolument rejetée par Attale.

  1. Procope, De bell. vandal., l. I, c. 2.