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Propagation de la vie monastique à Rome. A. D. 341.

Saint Athanase introduisit à Rome la connaissance et la pratique de la vie monastique ; et les disciples de saint Antoine, qui avaient suivi en Égypte leur primat sous les murs sacrés du Vatican, ouvrirent une école de cette nouvelle philosophie. L’extérieur burlesque et sauvage de ces Égyptiens excita d’abord l’horreur et le mépris ; mais on ne tarda pas à les applaudir et à les imiter avec zèle. Les sénateurs, et principalement les matrones, convertirent leurs palais et leurs maisons de plaisance en monastères ; l’institution mesquine des six vestales fut bientôt éclipsée par le grand nombre de couvens élevés sur les ruines des temples et au milieu du Forum des Romains[1]. [Saint Hilarion dans la Palestine. A. D. 328.]Excité par l’exemple de saint Antoine, un jeune Syrien, nommé Hilarion[2], se retira sur une langue de terre, sablonneuse et stérile, entre la mer et un marais, environ à sept mille de Gaza. La pénitence austère dans laquelle il persista durant quarante-huit ans, multiplia le nombre des enthousiastes, et le saint homme, lorsqu’il visitait les nombreux monastères de la Palestine, était toujours suivi de deux ou trois mille anachorètes.

Saint Basile dans le Pont. A. D. 360.

Saint Basile s’est fait une réputation immortelle

  1. Saint Jérôme parle en passant (t. I, p. 119, 120, 199) de l’introduction de la vie monastique à Rome et dans l’Italie.
  2. Voyez la Vie de saint Hilarion, par saint Jérôme, t. I, p. 241, 252. Le même auteur a parfaitement écrit les histoires de Paul, d’Hilarion et Malchus : le seul défaut de ces agréables compositions, c’est qu’elles ne s’accordent ni avec la vérité ni avec le bon sens.