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les bords de l’Anio, en attendant l’arrivée d’Olybrius, dont il voulait faire un nouvel empereur.

Olybrius, empereur de l’Occident. A. D. 472. 23 mars.

Olybrius, sénateur de la famille Anicienne, pouvait se regarder comme l’héritier légitime de l’empire d’Occident. Il avait épousé Placidie, la plus jeune des filles de Valentinien, après son retour d’Afrique, où Genseric retenait encore sa sœur Eudoxie, femme ou plutôt esclave de son fils Hunneric. Le roi des Vandales appuya de ses menaces et de ses sollicitations les droits légitimes de son allié, et allégua pour motif de la guerre, le refus que le peuple et le sénat romain faisaient de reconnaître leur prince légitime, et la préférence qu’ils avaient injustement donnée à un étranger[1]. La protection de l’ennemi public augmentait sans doute l’aversion des Italiens pour Olybrius ; mais en méditant la ruine d’Anthemius, Ricimer avait voulu tenter, par l’offre du diadème, un candidat dont le nom illustre et l’alliance auguste pussent pallier la perfidie de sa révolte. Le mari de Placidie, élevé à la dignité consulaire comme la plupart de ses ancêtres, aurait pu jouir paisiblement de son opulence à Constantinople ; et il ne semble pas que son génie ait été assez vaste ou assez actif, pour ne pouvoir être suffisamment occupé que par l’administration d’un empire. Cependant Olybrius, cédant

  1. Priscus, Excerpt. legat., p. 74 ; Procop., De bell. Vandal., l. I, c. 6, p. 191. Ce fut après la mort de Majorien qu’Eudoxie et sa fille obtinrent la liberté. Peut-être accorda-t-on les honneurs du consulat à Olybrius, comme présent de noces.