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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/430

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les ressources de l’état épuisées ; et les Gaulois commençaient à se persuader, avec raison, qu’Anthemius, qui régnait sur l’Italie, manquait de moyens pour secourir ses sujets au-delà des Alpes. Le faible empereur ne put lever, pour leur défense, qu’un corps de douze mille Bretons auxiliaires. Biothamus, un des rois ou chefs indépendans de cette île, consentit à transporter ses troupes dans la Gaule ; il remonta la Loire et établit ses quartiers dans le Berri, où les peuples gémirent sous la tyrannie de ces nouveaux alliés, jusqu’au moment où les Visigoths les détruisirent ou les dispersèrent[1].

Procès d’Arvandus. A. D. 468.

Le procès et la condamnation du préfet Arvandus sont un des derniers actes d’autorité que le sénat romain ait exercé sur la Gaule. Sidonius, qui se félicitait de vivre sous un règne où il était permis de plaindre et de consoler un criminel d’état, avoue avec franchise les fautes de son inconsidéré et malheureux ami[2]. Les périls auxquels avait échappé

    l. II, epist. 1, p. 33. Ces derniers mots (Sirmond, Not., 25) peuvent signifier la tonsure cléricale dont Sidonius lui-même avait fait choix.

  1. On peut suivre l’histoire de ces Bretons dans Jornandès, c. 45, p. 678 ; Sidonius, l. III, epist. 9, p. 73, 74 ; et saint Grégoire de Tours, l. II, c. 18, t. II, p. 170. Sidonius, qui appelle ces troupes mercenaires, argutos, armatos, tumultuosos, virtute, numero, contubernio, contumaces, s’adresse à leur général sur le ton de l’amitié et de la familiarité.
  2. Voyez Sidonius (l. I, epist. 7, p. 15-20) et les notes de Sirmond. Cette lettre fait autant d’honneur à son cœur