Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/427

Cette page a été validée par deux contributeurs.


expédition, Genseric recommença à exercer sa tyrannie sur les mers ; les côtes de l’Italie, de la Grèce et de l’Asie, éprouvèrent tour à tour les fureurs de sa vengeance et de son avarice. La Sardaigne et Tripoli rentrèrent sous son obéissance ; il ajouta la Sicile à ses provinces, [A. D. 477]et avant de mourir, plein de gloire, et d’années, il vit la destruction totale de l’empire d’Occident[1].

Conquêtes des Visigoths en Espagne et dans la Gaule. A. D. 462-472.

Durant tout le cours d’un règne long et actif, le monarque africain avait soigneusement cultivé l’amitié des Barbares de l’Europe, dont il se servait habilement pour faire des diversions contre les deux empires. Après la mort d’Attila, il renouvela son alliance avec les Visigoths de la Gaule ; et les fils du premier Théodoric qui régnèrent successivement sur cette nation guerrière, oublièrent aisément, par des vues d’intérêt, l’affront que leur sœur[2] avait reçu de Gen-

    semble en résulter que Marcellin combattit près de Carthage, et qu’il fut tué en Sicile.

  1. Pour la guerre d’Afrique, voyez Procope, De bell. Vandal., l. I, c. 6, p. 191, 192, 193 ; Théophane, p. 99, 100, 101 ; Cedrenus, p. 349, 350 ; et Zonare, t. II, l. XIV, p. 50, 51. Montesquieu (Considér. sur la grandeur, etc., c. 20) a fait une observation judicieuse sur le mauvais succès de ces grandes expéditions maritimes.
  2. Jornandès est notre meilleur guide pour les règnes de Théodoric II et d’Euric. (De reb. getic., c. 44, 45, 46, 47, p. 675-681.) Idatius finit trop tôt, et Isidore ne s’étend pas assez sur les affaires d’Espagne, dont il aurait pu rendre compte. L’abbé Dubos, dans son troisième livre de l’Hist. crit., t. I, p. 424-620, a éclairci avec beaucoup de travail les événemens relatifs à la Gaule.