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s’écriait l’empereur, ton règne commença et finit dans un même repas. » Allusion connue, que Fulgentius publia depuis comme une leçon instructive pour les souverains et pour leurs sujets.

Mort de Maxime. A. D. 455. 21 juin.

Trois mois bornèrent le règne de Maxime ; ses momens, qui ne lui appartenaient plus, étaient troublés par les remords et la terreur, et son trône chancelant fut continuellement ébranlé par les séditions des soldats, du peuple et des Barbares confédérés. Le mariage de son fils Palladius avec la fille aînée du dernier empereur, pouvait avoir pour objet d’assurer la succession héréditaire dans sa famille ; mais la violence qu’il fit à l’impératrice Eudoxie, ne put être l’effet que d’un mouvement aveugle de vengeance ou de désir. La mort lui avait bien à propos enlevé sa femme, cause première de tant de tragiques événemens ; et la veuve de Valentinien, forcée de violer la décence de son deuil, et peut-être le sentiment de sa douleur, passa dans les bras de l’usurpateur insolent, qu’elle soupçonnait du meurtre de son mari. Maxime justifia bientôt ses soupçons en lui avouant imprudemment son crime, et s’attira ainsi à plaisir la haine d’une épouse qui, en se donnant à lui malgré sa répugnance, n’avait point oublié qu’elle était du sang des empereurs. Eudoxie n’avait point de secours à attendre de l’Orient depuis la mort de son père et de sa tante Pulchérie. Sa mère languissait à Jérusalem dans un ignominieux exil, et le sceptre

    Cicéron (Tuscillan., v. 20, 21) a raconté d’une manière si inimitable.