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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/304

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capables des plus pénibles efforts. Ætius méprisait les dangers et dédaignait les injures, et il était impossible de tromper, de corrompre ou d’intimider la noble fermeté de son âme[1]. » Les Barbares qui s’étaient fixés dans les provinces de l’Occident, s’accoutumèrent peu à peu à respecter la valeur et la bonne foi d’Ætius. Il calmait leur pétulance, caressait leurs préjugés, balançait leurs intérêts, et mettait un frein à leur ambition. Un traité conclu avec Genseric arrêta les Vandales prêts à entrer en Italie ; les Bretons indépendans implorèrent son secours et reconnurent combien il leur avait été utile : l’autorité impériale fut rétablie en Espagne et dans la Gaule ; et après avoir vaincu les Suèves et les Francs, il les força d’employer leurs armes à la défense de la république.

Ses liaisons avec les Huns et les Alains.

Par politique autant que par reconnaissance, Ætius cultivait assidument l’amitié des Huns. Durant son séjour dans leur camp, comme otage ou comme exilé, il vécut familièrement avec Attila, neveu de son bienfaiteur ; et ces célèbres adversaires semblent avoir été liés d’une intimité et d’une sorte de fraternité d’armes qu’ils confirmèrent dans la suite par des

  1. Ce portrait est de Renatus-Profuturus-Frigeridus, auteur contemporain, connu seulement par quelques extraits que saint Grégoire de Tours a conservés, l. II, c. 8, t. II, p. 163. Il était sans doute du devoir, ou au moins de l’intérêt de Renatus, d’exagérer les vertus d’Ætius ; mais il eût été plus adroit de ne point insister sur sa patience et sa facilite à pardonner.