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lui proposer une alliance, et de lui offrir un établissement avantageux et solide.

Il appelle les Vandales. A. D. 428.

Après la retraite des Goths, Honorius avait repris la possession précaire de l’Espagne, en exceptant toutefois la province de la Galice où les Suèves et les Vandales s’étaient fortifiés séparément et se faisaient encore la guerre. Les Vandales étaient victorieux, ils tenaient leurs rivaux assiégés dans les collines Nervasiennes entre Léon et Oviedo, lorsque l’approche du comte Asterius força ou plutôt engagea les Barbares à transporter la scène de la guerre dans les plaines de la Bétique. Il fallut bientôt de plus puissans secours pour s’opposer aux rapides progrès des Vandales ; et le maître général Castinus, s’avança contre eux avec une nombreuse armée de Goths et de Romains. Vaincu en bataille rangée par un ennemi inférieur, Castinus s’enfuit honteusement jusqu’à Tarragone : cette défaite mémorable a été représentée comme la punition de son imprudente présomption ; il est beaucoup plus probable qu’elle en fut la suite[1]. Séville et Carthagène devinrent la récompense ou plutôt la proie de ces féroces vainqueurs ; et les vaisseaux qu’ils trouvèrent dans le port de Carthagène auraient pu les transporter faci-

  1. Voyez les Chroniques de Prosper et d’Idatius. Salvien (De gubern. Dei, l. VII, p. 246. Paris, 1608) attribue la victoire des Vandales à leur piété. Ils jeûnaient, priaient et portaient une Bible à la tête de leur armée, dans le dessein peut-être de reprocher à leurs ennemis leur perfidie et leur sacrilège.