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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/130

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Situation des Barbares dans la Gaule. A. D. 420, etc.

On peut dater la ruine des plus riches provinces de la Gaule du moment où elle devint la résidence de ces Barbares, dont l’alliance était dangereuse et oppressive, et qui ne respectaient jamais la paix publique lorsque leur intérêt ou leur caprice les disposaient à la troubler. Ils exigèrent une forte rançon de tous ceux des habitans du pays qui avaient échappé aux calamités de la guerre, s’emparèrent des terres les plus fertiles et des demeures les plus commodes pour leurs familles, leurs esclaves et leurs troupeaux. Les malheureux habitans s’éloignaient en soupirant, et cédaient sans résistance à ces avides étrangers leurs biens et leurs maisons paternelles. Ces maux particuliers, d’ordinaire épargnés aux peuples vaincus, n’étaient cependant qu’une répétition de ce qu’avaient tour à tour éprouvé ou fait souffrir les Romains, non-seulement dans ces momens de tyrannie qui suivent la conquête, mais dans les fureurs de leurs discordes civiles. Les triumvirs proscrivirent dix-huit colonies florissantes, toutes situées en Italie, et distribuèrent les terres et les maisons des habitans aux vétérans qui vengèrent la mort de César et donnèrent des fers à la république. Deux poètes dont la réputation est bien différente, ont déploré, dans des circonstances semblables, la perte de leur patrimoine : mais les légionnaires d’Auguste semblent avoir surpassé l’injustice et la violence des Barbares qui envahirent la Gaule sous le règne d’Ho-

    engagea les Francs à faire choix de son fils, ou du moins d’un roi.