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pide de la garnison ; l’approche de la saison pluvieuse obligea enfin l’empereur à lever le siége, et à se retirer honteusement dans ses quartiers d’hiver à Antioche[1]. La vanité de Constance et toute l’imagination de ses courtisans étaient fort embarrassées à trouver dans la guerre de Perse la matière d’un panégyrique, tandis que Julien, à qui il avait confié les Gaules, remplissait l’univers de sa gloire, par le récit simple et abrégé de ses exploits.

Invasion de la Gaule par les Germains.

Dans l’aveugle acharnement de la discorde civile, Constance avait abandonné aux Barbares de la Germanie les contrées de la Gaule qui obéissaient encore à son rival. Un nombreux essaim de Francs et d’Allemands furent invités à passer le Rhin, par des présens, des promesses, l’espoir du pillage et le don de toutes les terres qu’ils pourraient envahir[2]. Mais l’empereur, qui, dans un embarras momentané, avait eu l’imprudence d’exciter l’avidité de ces Bar-

  1. Ammien, XX, 11. Omisso vano incepto, hiematurus Antiochiæ redit in Syriam ærumnosam perpessus et ulcerum sed et atrocia, diùque deflenda. C’est ainsi que Jacques Gronovius a rétabli un passage obscur et il pense que cette seule correction aurait mérité une nouvelle édition de son auteur, dont on peut à présent deviner le sens. J’espérais trouver quelques nouveaux éclaircissemens dans les recherches récentes du savant Ernesti (Leipsig, 1773).
  2. On peut trouver dans les ouvrages de Julien lui-même (orat. ad S. P. Q., Athen, p. 277) le tableau des ravages des Germains, et de la détresse des Gaules. Dans Ammien, XV, II ; Libanius, orat 10 ; Zosime, l. III, p. 140 ; Sozomène, l. III, c. 1.