Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/490

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Situation et opiniâtreté de Julien. A. D. 363. Juin.

Le surlendemain de la bataille, les gardes domestiques, les Joviens, les Herculiens et le reste des troupes, qui formaient à peu près les deux tiers de l’armée, passèrent tranquillement le Tigre[1]. Tandis que les habitans de Ctésiphon examinaient du haut de leurs murs la dévastation des alentours de la ville, Julien jetait souvent des regards inquiets vers le nord : après avoir pénétré en vainqueur jusqu’aux portes de la capitale, il comptait que Sébastien et Procope, ses lieutenans, déployant le même courage et la même activité, ne tarderaient pas à le joindre. Ses espérances furent trompées par la trahison du roi d’Arménie, qui permit et qui vraisemblablement ordonna la désertion des troupes qu’il avait données comme auxiliaires aux Romains[2],

    c. 124-128, p. 347-353), saint Grégoire de Nazianze (orat. 4, p. 115), Zosime (l. III, p. 181-183) et Sextus-Rufus (De Provinciis, c. 28) décrivent les travaux du canal, le passage du Tigre et la victoire de Julien.

  1. Les navires et l’armée formaient trois divisions : la première seulement avait passé durant la nuit. (Ammien, XXIV, 6). Le παση δορυφορια, à qui Zosime fait passer le fleuve le troisième jour, était peut-être composé des protecteurs, parmi lesquels servaient l’historien Ammien, et Jovien, qui devint ensuite empereur, de quelques écoles de domestiques, et des Joviens et des Herculiens, qui faisaient souvent le service des gardes.
  2. Moïse de Chorène (Hist. Armen., l. III, c. 15, p. 246) rapporte une tradition nationale et une lettre supposée. Je n’y ai pris que le principal fait, qui est d’accord avec la vérité, avec la vraisemblance, et avec Libanius. (Orat. parent., c. 131, p. 355.)