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des Persans, se discutaient les affaires les plus importantes[1]. L’adroit réfugié satisfaisait par les mêmes moyens à son intérêt et à sa vengeance. Il excitait sans cesse l’ambition de son nouveau maître à profiter du moment où l’élite des troupes palatines était occupée avec l’empereur à combattre sur les bords éloignés du Danube, et où les provinces épuisées de l’Orient offraient une conquête facile à ses nombreuses armées de Persans, maintenant fortifiées par l’alliance et la jonction des plus redoutables d’entre les Barbares. Les ambassadeurs romains se retirèrent sans succès, et ceux qui leur succédèrent, quoique d’un rang supérieur, furent enfermés dans une étroite prison, et menacés de la mort ou de l’exil.

Invasion de la Mésopotamie par Sapor. A. D. 359.

L’historien militaire[2], envoyé pour observer l’armée des Persans tandis qu’ils construisaient un pont de bateaux sur le Tigre, monta sur une colline d’où il vit toute la plaine d’Assyrie, aussi loin que l’horizon lui permettait de l’apercevoir, couverte de soldats, d’armes et de chevaux, et Sapor à leur tête, vêtu d’un habit éclatant de pourpre. À sa gauche, la place d’honneur chez les Orientaux, Grumbates,

  1. Cette anecdote, telle qu’elle est rapportée par Ammien, sert à prouver la véracité d’Hérodote (l. I, c. 133), et la constance des Perses à conserver leurs usages. Dans tous les siècles les Perses ont été adonnés à l’intempérance, et les vins de Shiraz ont triomphé de la loi de Mahomet. (Brisson, de regno Pers., l. II, p. 462-472 ; et Chardin, Voyag. en Perse, tom. III, p. 90.)
  2. Ammien, l. XVIII, 6, 7, 8, 10.