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Mésopotamie, à quatre-vingts milles d’Hiérapolis. Le temple de la Lune excita sa dévotion ; mais le peu de jours qu’il y demeura furent principalement employés à terminer les immenses préparatifs de la guerre de Perse. Julien avait jusqu’alors renfermé en lui-même le secret de l’expédition ; mais Carrhes se trouvant au point de séparation des deux grandes routes, il ne pouvait plus se dispenser de faire connaître si son dessein était d’attaquer les domaines de Sapor du côté de l’Euphrate ou de celui du Tigre. Il détacha trente mille hommes sous les ordres de Procope, son allié, et de Sébastien, qui avait été duc de l’Égypte. Il leur enjoignit de marcher vers Nisibis, et avant de tenter le passage du Tigre, de mettre la frontière à l’abri des incursions de l’ennemi. Il abandonna à l’habileté de ses généraux la direction des opérations subséquentes ; il espérait qu’après avoir ravagé les fertiles cantons de la Médie et de l’Adiabène, ils arriveraient sous les murs de Ctésiphon, à peu près au temps où, s’avançant lui-même le long de l’Euphrate, il commencerait le siége de la capitale de la Perse. [Le roi d’Arménie est mal intentionné.]Le succès de ce plan bien calculé dépendait en grande partie du zèle et des secours du roi d’Arménie, qui, sans exposer la sûreté de ses états, pouvait fournir aux Romains quatre mille hommes de cavalerie et vingt mille fantassins[1].

    (ad Calcem vit. Saladin.), ouvrage dont j’ai tiré beaucoup de lumières empruntées aux Orientaux sur la géographie ancienne et moderne de la Syrie et des contrées voisines.

  1. Voyez Xénophon, Cyropédie, l. III, p. 189, édit. de