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cés de demander la paix. En réparation du passé, ils offrirent la restitution de tous leurs prisonniers, et les plus distingués de leur nation pour otages et pour garans de leur conduite à l’avenir. La réception favorable et flatteuse qu’obtinrent les premiers d’entre leurs chefs qui implorèrent la clémence de l’empereur, encouragea les plus timides ou les plus obstinés à suivre leur exemple : le camp impérial fut rempli d’une foule de princes et d’ambassadeurs des tribus les plus éloignées, qui occupaient les plaines de la petite Pologne, et qui auraient pu se croire en sûreté derrière la chaîne escarpée des montagnes Carpathiennes. En faisant la loi aux Barbares qui habitaient au-delà du Danube, Constance parut sensible au malheur des Sarmates, qui, chassés de leur pays par leurs esclaves révoltés, s’étaient réfugiés chez les Quades, dont ils avaient considérablement augmenté la puissance. L’empereur, embrassant un système de politique adroit autant que généreux, tira les Sarmates de cet état de dépendance humiliante. Par un traité séparé, il les rétablit en corps de nation amie et alliée de la république, sous le gouvernement d’un monarque ; il déclara qu’il avait résolu de soutenir la justice de leur cause, et d’assurer la paix de leurs provinces par la destruction ou du moins par le bannissement des Limigantes, qui conservaient tous les vices et toute la bassesse de leur méprisable origine. L’exécution de ce dessein offrait moins de gloire que de difficultés. Le territoire des Limigantes était défendu du côté des Romains par le Danube, et